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La méfiance haïtienne face à l'investissement une douloureuse sagesse partagée

  • 5 janv.
  • 3 min de lecture

Dans un tap-tap bondé, sous le soleil de midi, deux amis discutent à voix basse. L’un lance le mot « investissement » et aussitôt, un rire nerveux éclate. « On a déjà vu ça », murmure l’autre, le regard fuyant. Cette scène, simple et familière, se répète souvent en Haïti, dans les familles, les marchés, les réunions entre amis. Dès que le sujet d’investir de l’argent ou de croire en un projet apparaît, une hésitation s’installe, presque un réflexe. Ce n’est pas de l’ignorance, ni du refus de progresser. C’est une prudence née d’expériences douloureuses, d’espoirs brisés, d’une confiance trahie.


Pourquoi la méfiance est ancrée dans le vécu haïtien


La méfiance des Haïtiens envers l’investissement ne vient pas de nulle part. Elle est le fruit d’une longue histoire d’arnaques, de promesses vides, et de projets qui ont disparu sans laisser de trace. Beaucoup ont vu des dirigeants promettre monts et merveilles, sans jamais expliquer clairement ce qui se passait. Des projets financés par la diaspora ou par des investisseurs étrangers se sont évaporés, laissant derrière eux des familles déçues et des communautés appauvries.


Cette méfiance est une forme de sagesse, une protection contre la répétition des erreurs. Les Haïtiens ne sont pas naïfs. Ils savent que la confiance ne se donne pas facilement. Elle se gagne par la transparence, par des actions concrètes, par le temps. Ils ont appris à écouter les discours avec prudence, à poser des questions, à chercher des preuves tangibles avant de s’engager.


La confiance ne doit jamais être exigée


Il est essentiel de reconnaître que les Haïtiens ont raison de ne pas faire confiance aveuglément. La confiance ne peut pas être imposée ou demandée comme un dû. Elle doit être construite patiemment, pierre par pierre. Cela signifie que toute proposition d’investissement doit être claire, accessible, et surtout, vérifiable.


Les structures qui gèrent l’argent doivent être transparentes. Les projets doivent montrer des résultats visibles, même modestes. La confiance se bâtit sur des actes, pas sur des paroles. C’est une leçon que beaucoup ont apprise à la dure.


Vue en plongée d’un tap-tap coloré garé sur une route de campagne haïtienne
Un tap-tap coloré stationné sur une route haïtienne, symbole des échanges quotidiens

Repenser l’investissement en Haïti


Le problème ne vient pas de l’investissement lui-même, mais de la manière dont il a été présenté et vécu en Haïti. Trop souvent, l’investissement a été associé à des promesses rapides, à des discours séduisants, à des gains faciles. Cette image a nourri la déception.


Le véritable investissement est souvent lent, parfois ennuyeux. Il se construit sur des bases solides, des actifs réels, des projets durables. Ce n’est pas un coup de chance ou un pari risqué, mais un travail patient, visible, qui prend du temps à porter ses fruits.


Par exemple, investir dans la terre, dans des coopératives agricoles, ou dans des initiatives communautaires montre souvent des résultats concrets. Ces formes d’investissement renforcent les liens sociaux et économiques, elles créent des ressources tangibles que personne ne peut emporter du jour au lendemain.


Une nouvelle manière de penser l’investissement


Pour avancer, il faut envisager l’investissement autrement. La propriété communautaire est une piste qui mérite d’être explorée. Quand les ressources appartiennent à un groupe, à une famille élargie, à un village, la gestion devient collective. Cela réduit les risques de détournement et renforce la responsabilité.


Cette approche valorise la solidarité et la confiance mutuelle. Elle permet aussi de construire des projets qui répondent aux besoins réels des communautés, plutôt que des idées imposées de l’extérieur.


Il ne s’agit pas de rejeter toute forme d’investissement, mais de choisir celles qui respectent la réalité haïtienne, qui prennent en compte la douleur du passé et la sagesse acquise. C’est un chemin qui demande patience, engagement et honnêteté.


Vue au niveau des yeux d’un champ cultivé en Haïti avec des plants verts et un sentier de terre
Champ cultivé en Haïti, symbole d’investissement durable et de propriété communautaire

Vers un futur où la confiance se mérite


La méfiance haïtienne face à l’investissement est une douleur partagée, une sagesse collective. Elle rappelle que la confiance ne se donne pas sur un coup de tête. Elle se construit avec des preuves, des résultats, et surtout du respect.


Pour que l’investissement devienne un outil de développement réel, il faut écouter cette voix prudente. Il faut bâtir des projets transparents, durables, et ancrés dans la réalité locale. Il faut valoriser la propriété communautaire et les initiatives qui renforcent les liens sociaux.


Ainsi, l’investissement pourra devenir un levier de progrès, non pas par des promesses vides, mais par des actions concrètes qui honorent l’histoire et les aspirations des Haïtiens, ici et dans la diaspora.


 
 
 

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